A l'envi.

A l'envi.
La chaleur trublionne se joue de mes longs manteaux. Elle descend et s'épanche non sans panache, un son suintant d'une symphonie de Ludwig van, où les mélodies se ploient sous l'autorité de l'insonorité et font vibrer mes pores. Les accoudoirs m'ont fait poser ma peine, et sous la lourdeur de l'à-vivre, la fadeur s'en est allée. L'optimiste est ignorant, sans doute, mais il est parfois bon d'être ignorant. De s'enfermer dans un cloître doré et téter la lumière au sein sans se soucier de sa source. Les gens passent, mornes facades. Un lot de monotonie affichée afflige les rieurs et encombre les passants. Serai-je une sorte de Rose Poussière, né sous une autre aurore et diluant les restes d'un passé dans la lueur des soirs? Que dirait une bouche vivante et des yeux pleins d'enfers? Ils diraient: Embrasse-moi.
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# Posté le mercredi 04 novembre 2009 07:36

ébauche de débauche.

Son visage semblait grossièrement taillé. Les ravins de ses joues gravaient l'érosion lacrymale que sa trogne avait subie. Le front hachuré de gravité surplombe des sourcils déblayés. Les miséreux voient l'âge d'or à l'horizon de leur front leur provoquant des torticolis lorsque ceux-là cherchent trop le passé. Sa peau trahissait sa lourde existence d'homme, son épiderme corné apparaissait comme une mer où flottaient les pores, les poils épars de ses bras et quelques grains de beauté. Ses yeux arqués brillaient par ses pupilles brunes dont la couronne jaunie par l'alcool ornait le cristallin. Plus d'un vaisseau y avait éclaté ! Créant ainsi des fleuves de sang où les affluents ne manquaient pas ce qui n'était pas pour lui donner un masque plus empathique. Les cils avaient morflé. Si les arabes et les perses y voyaient une armée de l'amour, les siens étaient effeuillés, désarmés. Son nez busqué avait été cogné quelques fois, avec ses camarades de beuverie et deux ou trois badauds susceptibles. La légère bosse au sommet de l'os nasal témoignait de ses turpitudes, le cartilage avait été écrasé par leurs poings de salauds. Sa bouche décharnée n'arrivait qu'à grand peine à être plus pigmentée que le reste de sa face. La lèvre supérieure, courbée en son sommet, était plus fine que l'inférieure, découpée par d'infimes stries. Son ventre était bourrelé de peau, non pas qu'il fût épais, mais il l'eut été un jour et en portait la marque, quelle panse saillante ! Ses jambes minces ne manquaient pas de muscles. Elles l'ont portées partout, même engourdies par ses accès d'ébriété, celles-là ne cédaient pas aux pressions du grammage intraveineux. Ces gestes vigoureux laissaient entrevoir une force intrinsèque. Lorsqu'il empoignait quelque chose, ses muscles se ployaient comme les marteaux d'un piano sous une enveloppe pâle et défaite. Le trajet de ses côtes laissait penser qu'il était sapé, empli de douves et ses côtes flottantes semblaient harnachées au sternum. Malgré tout, ce corps affouillé ne manquait pas d'allure. Il dégageait presque un respect certain, une notion précaire dans la sphère où il chancelait chaque jour entre la souffrance et l'ennui, où de drôles de lurons côtoyaient des pontes désabusés. Avec son long manteau noir, il avait de la gueule. Cette gabardine lui servait à couvrir son corps émacié, ce corps de craie sur lequel le temps a éternué parfois. Il avait le teint laiteux et en était fier, il avait entendu dire que ça faisait chic, que seuls les nobles s'attachaient à gardeur cette pâleur au moyen d'une ombrelle. Mais il se dit qu'il aurait l'air d'un idiot avec pareil objet, que la rue ne lui pardonnerait pas ses excentricités. Le chic devait rester entre les murs, les siens étaient en sa conscience. Il aimait téléphoner aux ministères, non pas qu'il entretenait de solides relations dans le monde politique, mais il savait qu'il attendrait une voix au son de Wagner, de Bach ou de Beethoven. Il savait que les variations retentiraient encore et encore de longues minutes durant. Même s'il devait faire la manche deux jours, tous les regards qu'il avait dû essuyer s'évanouissaient au son des grands compositeurs.
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# Posté le lundi 07 septembre 2009 20:27

Blog philo

Je l'avais laissé au temps qui me manquait, mais c'est désormais chose faite. J'ai posté le premier article sur ce blog philo.

www.frederic-lacroutz.blogspot.com

Voilà.
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# Posté le mercredi 22 juillet 2009 09:20

Il suffit.

La belle saison qu'ils l'appelaient. Les désirs sous une chappe de plomb tombent à la lueur d'un feu crépitant dans ma tête. Qu'ai-je fait pour mériter de le vouloir, cet horizon grassouillet où fleurtent les amants interdits, cette déliquescence imminente, produit de l'air doux qui dissout nos deux corps. Le malt coulant dans ma gorge, rafraîchi par quelques glaçons, car ils seront bien les seuls îlots à flotter encore dans cette mare d'ivresse. Elle me plait même vêtue de cette robe charbonneuse, ces deux perles charbonnées aussi peu prudes qu'une chartreuse et son Nemours. Dois-je me promener en sa compagnie? Le pavé se fait rude sous mes pas, ma trombine se fait de plus en plus ramassée et mes mains se moitissent sans leste. Ses flûtes affûtées à satiété m'exercent sans y songer, electriques, elles attisent de virevoltants feux sans même y réflechir. Grenade la voilà, Carthage, voilà ta Didon. Qui m'eut dit que ce corps me tirerait tant de questions? Qui aurait pu avoir cette clairvoyance? La belle saison qu'ils disaient, je l'aurais croquée sans lâcher les incisives, j'aurais léché le nectar de ce fruit juteux. Un animal, voilà ce que je suis.
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# Posté le mardi 14 juillet 2009 20:11

Un extrait d'Orange mécanique de Kubrick.

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# Posté le lundi 06 juillet 2009 14:32